Ciel déchaîné
Pays enchaîné
Guerre non déclarée d’ami nature
Riposte improvisée d’une simple culture

Guerriers invisibles
Conséquences imprévisibles
Le Très-haut, contre nous, est fâché
Peuple debout pour sa liberté, un gros péché

Quel mauvais temps !
Qui détruit autant
Nos maisons que nos plantations
Cruellement et sans compassion

Des éclairs bruyants et destructeurs
Déferlent sur le sol producteur
Les paysans affamés, effrayés, découragés
Se terrent dans leur hutte en pailles séchées

Des vents, en rafale, comme un ouragan
Changent nos maisons en cerf-volant
Les eaux des rivières débordées de leur lit
Ressuscitent nos morts longtemps ensevelis

En haut les canons du ciel tonnent
En bas, les pète-secs détonnent
Calebasse en mains ils crient à l’assaut
N’est-ce pas le chant routinier de nos corbeaux

Le lendemain, c’est le calme après la tempête
Personne ne sait où donner de la tête
À tous nos maux, c’est déjà connu comme la panacée
Un radeau nous conduirait vers une belle odyssée

Comme la foudre, ils arrivent, ô mécènes
C’est sensuels, nos déhanchements sur la scène
Sauvez-nous, nous les artisans de nos malheurs
Sauvez votre âme, car la charité libère le coeur

Les bienfaiteurs apportent du pain et de l’eau
Pour bien faire, ils installent leurs tréteaux
Sans traîner de la patte, débute la comédie
Soyez sans crainte, on vous apporte le paradis

À cœur joie, Ils crient haut et fort
Pitié pour ces pauvres qui ont toujours tort
Ayant du bon genre, ils en veulent pour leur argent
Pour avoir la paix, ils seront les plus honnêtes gens

Compère Emmanuel survit
Sa voisine Marie-Louise revit
Sans rien à manger, sans abris
Sans arbres, sans poules, sans cabrits

Comme à l’accoutumée le soleil reluit
L’espoir renaît sur tous les débris
Faut maudire, ces vents tempêtes
Qui galvaudent nos fêtes champêtres